Savoir s’adapter aux nouveaux défis de l’eau
6 novembre 2026
L’été 2026 restera marqué par des conditions climatiques exceptionnelles en France et dans l’agglomération.
Après un automne et un hiver relativement pluvieux, les précipitations se sont fortement raréfiées dès le mois d’avril. La situation s’est aggravée au fil de l’été avec des vagues de chaleur intenses, des températures dépassant régulièrement les 39°C et des nuits tropicales où le thermomètre est resté au-dessus des 20°C.
Face à cette situation inédite, les ressources en eau déjà fragiles ces dernières années ont été soumises à une pression encore plus forte. Les débits des sources de la Montagne Bourbonnaise ont été divisés par quatre, ceux du Sichon ont fortement diminué et le débit de l’Allier a atteint seulement 10 m3 par seconde au cœur de l’été.
Une consommation en forte hausse
Parallèlement à la diminution des ressources disponibles, la consommation d’eau potable a fortement augmenté. La régie Eau potable de Vichy Communauté a enregistré une hausse comprise entre 40 % et 70 % durant plusieurs semaines de l’été. Cette double contrainte, moins de ressources et davantage de besoins, a nécessité une mobilisation sans précédent des équipes du service de l’eau.
Cette situation a également conduit le préfet de l’Allier à prendre plusieurs arrêtés de restriction des usages de l’eau. Une large partie du territoire a été placée en situation de crise sécheresse sur les bassins du Sichon, de la Besbre dès le mois de juillet ainsi que sur les axes Allier et Loire à partir de mi-août.
Un dispositif de sécurisation pleinement mobilisé
Pour garantir l’alimentation en eau potable de l’ensemble de ses habitants, Vichy Communauté a activé le niveau 3 de son dispositif interne de sécurisation. Grâce aux investissements réalisés à la suite de la canicule de 2003 par les collectivités et le SMEA (syndicat mixte des eaux de l’Allier), notamment sur les interconnexions de réseaux et les stations de refoulement, l’agglomération a pu organiser des transferts d’eau à grande échelle entre différents secteurs du territoire.
Concrètement :
Plus de 2 000 m3 d’eau par jour ont été acheminés de Vichy vers Le Vernet.
Plus de 1 000 m3 par jour ont ensuite été transférés du Vernet vers Busset.
Plus de 400 m3 par jour ont été remontés de Busset vers Ferrières-sur-Sichon pour soutenir les ressources de montagne.
Les données de suivi montrent l’ampleur de cette mobilisation. Alors que les communes de la Montagne Bourbonnaise étaient encore principalement alimentées par leurs ressources locales au printemps, les volumes d’eau importés n’ont cessé d’augmenter durant l’été pour compenser la baisse des débits naturels. À la rentrée scolaire de septembre, plus de 13 000 m3 d’eau étaient importés chaque semaine pour sécuriser l’alimentation du secteur.
La solidarité des territoires au service des habitants
La sécurisation de l’approvisionnement a reposé sur une véritable solidarité entre les différents réseaux d’eau potable du territoire.
Ainsi, la commune de Cusset a bénéficié d’un apport renforcé en provenance du SIVOM du Val d’Allier. Entre mars et juillet, les transferts d’eau depuis Creuzier-le-Neuf sont passés de 300 à 600 m3 par jour afin de limiter les prélèvements dans le Sichon.
Vichy Communauté a également apporté son soutien aux communes de la Vallée de la Besbre. Les communes de Saint-Clément, Châtel-Montagne, Arfeuilles, Châtelus et Saint-Nicolas-des-Biefs ont ainsi reçu une partie de leur alimentation en eau grâce aux interconnexions existantes. Environ 160 m3 d’eau par jour ont été transférés vers ce secteur, représentant près de 30 % des besoins des cinq communes concernées.
Une résilience démontrée, mais une vigilance indispensable
Malgré une sécheresse d’une intensité rarement observée, aucun abonné de Vichy Communauté n’a connu de rupture d’alimentation en eau potable à ce jour. Cette performance est le résultat d’une anticipation de longue date, d’investissements structurants et d’une mobilisation constante des agents de la régie eau potable.
Cet épisode rappelle toutefois la vulnérabilité croissante de la ressource en eau face au changement climatique. La préservation de cette ressource essentielle demeure l’affaire de tous. Économies d’eau, détection des fuites, respect des restrictions préfectorales et sobriété des usages constituent désormais des réflexes indispensables pour concilier satisfaction des besoins et préservation des milieux naturels.
Grâce à la mobilisation des équipes de Vichy Communauté et à la performance des infrastructures mises en place depuis plus de vingt ans, l'eau a continué de couler au robinet de tous les habitants malgré l'un des étés les plus secs jamais enregistrés sur le territoire.
Interconnexion : un investissement stratégique, étape par étape
En 2003, des communes de la Montagne Bourbonnaise avaient dû être alimentées par des camions citernes pour pallier la baisse du débit des sources.
En 2026, malgré un été encore plus chaud et plus sec, il n’y a pas eu de rupture de l’alimentation en eau potable grâce aux investissements engagés depuis 2003 par les collectivités en interconnectant les réseaux.
- L’épisode 2026 (et les très fortes probabilités qu’il se reproduise et s’intensifie dans les prochaines années) incite Vichy Communauté et le SMEA à poursuivre les actions pour préserver les ressources, augmenter les performances des équipements, limiter les pertes et maîtriser les consommations :
Finalisation des derniers périmètres de protection des captages sur la commune de Lavoine en 2027 ; - Augmentation du taux de renouvellement des réseaux, en passant de 1 % à 1,5 % (de 10 à 15 km par an), pour passer d’un rendement de 80 % à 85 % d’ici 2032 ;
- Développement des compétences et équipements pour la recherche des fuites sur les réseaux ;
- Finalisation en 2027 de l’interconnexion par le SMEA entre le SIVOM d’Allier et le réservoir des Garets à Vichy (capa cité d’échange de 8 000 m3/jour) ;
- Généralisation de la télérelève ou la radio relève des compteurs d’eau potable à partir de 2027 ;
- Engagement dès 2027 d’études pour trouver des ressources complémentaires au-delà de 2040.
